quelques petites aides à la conservation de vos papiers et objets

La conservation préventive regroupe toutes les actions directes ou indirectes ayant pour but de préserver au mieux l'état originel de l'œuvre et d'augmenter son espérance de vie. En effet, les collections étant composées d'objets variés ils sont classés par matériaux entre inorganiques (pierre, métal…) et organiques (bois, textiles, papier…).
Les matériaux organiques absorbent et rejettent l'humidité, ils sont donc très sensibles.

La conservation préventive vise donc à :
Contrôler le climat : maintenir une température entre 18-19° mais aussi un taux d'hygrométrie compris entre 50 et 55%.
Contrôler la lumière qui peut entraîner la dégradation des matériaux organiques.
Contrôler la présence de moisissures, qui attaquent les matériaux organiques.
Eviter l'empoussièrement des objets en fabricant des conditionnements adaptés.
Contrôler la présence d'insectes, qui peuvent entraîner des altérations car ils se nourrissent de matériaux organiques.

les matériaux des collections

les matériaux constitutifs des collections sont de deux familles.

Les matériaux organiques :
Ce sont tous les matériaux provenant du vivant. Ils peuvent être:

  • d'origine animale : Os, ivoire, cuir, peau (parchemin), poils, corne, soie, laine, plumes, spécimens naturalisés mais également ossements humains et momies qui sont assez répandus dans les musées ou dépôts de fouilles etc.
  • d'origine végétale : bois, papier, paille, vannerie, textiles (lin, coton, chanvre)

Ils présentent une grande sensibilité:

  • aux excès, déficits d'humidité et à l'instabilité climatique
  • aux infestations biologiques (insectes et moisissures)
  • à la lumière

Les matériaux inorganiques :
Ils proviennent du monde minéral :

  • La pierre, le plâtre,
  • Céramique : terre cuite, terre crue, terre vernissée, faïence, porcelaine
  • Le verre
  • Les métaux : les plus couramment rencontrés dans les musées sont le fer et la fonte, les alliages cuivreux (bronzes, laitons, alliages ternaires ou quaternaires), l'étain, le plomb, l'argent et l'or.

Seul l'or est inaltérable.

Objets composites :
Ils combinent au moins 2 matériaux. On peut avoir un objet composite organique/organique (les momies : ossements et textiles..), organique/inorganique (les peintures, les armes : m étal associé à du cuir, du textile, du bois) ou inorganique/inorganique (plâtres avec armatures métalliques).

Dans le cas d'objet composite, c'est le matériau le plus sensible qui doit être pris en compte et ce sont les normes recommandées pour les matériaux organiques qui seront appliquées si l'objet en est constitué.

climat et températures des collections

Le contrôle du climat, température et hygrométrie, est un des points clés de la conservation des collections.

Pourquoi contrôler le climat ?

Les collections sont constituées de matériaux organiques et inorganiques.
Les matériaux organiques sont susceptibles d'absorber et de désorber de l'humidité. Si ils ne se sont pas stabilisés, ils sont sensibles aux variations de l'humidité relative qui peuvent entraîner des fendillements, des cassures, des soulèvements, des déformations.

Afin d'assurer une bonne conservation il faut contrôler :

  • La température. Il faut conserver l'objet dans un endroit où la température est constante et comprise entre 18°C et 21°C. Il peut y exister des écarts mais pas d'écarts brusques, à éviter.
  • L'humidité. Il faut conserver l'objet dans un endroit où le degré d'humidité relative est constant, idéalement comprise entre 40% et 60%. C'est cette variation hygrométrique qui est la plus importante à maîtriser. S'il est impossible d'empêcher les variations de l'humidité relative, il est indispensable de les ralentir et de se rapprocher des conditions recommandées par type de collection.
  • La lumière est un facteur important pour les textiles où les peintures, sensibles aux rayons UV. Certains éclairages (incandescents et halogènes) dégagent de la chaleur néfaste. Il faut Préférer un éclairage qui ne dégage pas de chaleur ni d'UV. Il faut éviter d'exposer l'objet à la lumière directe du soleil, préférer une lumière indirecte ou réfléchie.

les matériaux de conditionnement

Ces matériaux sont choisis pour protéger les œuvres.

Ils varient selon les types d'objet, mais doivent aussi être pensés en fonction de leur usage par rapport à l'environnement et à la fréquence des manipulations.

Matériaux de protection contre la poussière : feuilles de melinex® ou de mylar®.

Plastiques et mousses : mousses et films de polyéthylène, polyester. À éviter : le "P.V.C." qui est un chlorure de polyvinyle, le caoutchouc vulcanisé, le nitrate de cellulose, le néoprène, le polyuréthane de type éther.

Papiers : papiers de conservation non acides dits permanents.

Textiles : stables, sans formol, sans teinture soluble à l'eau, comme le coton, le lin, l'acrylique, le polyester. À éviter : la laine.

Restaurer, entretenir vos vieux papiers

Si vous avez des vieux papiers légèrement déchirés, encollés ou sales, voici quelques conseils d'archiviste afin de prolonger la vie de ces documents, sans les altérer

munissez vous :
d'une gomme
d'une éponge propre
d'un scalpel

Afin de les dépoussiérer, vous prenez une gomme. Vous gommer le document de haut en bas, en tournant en rond. La gomme va en grande partie effacer la poussière.

Décoller
Si vos documents ont été encollés, comme ceux de la photo, il faut décoller les ajouts par grattage. pour cela il faut humidifier le papier encollé.
Avant toute chose, faites un test d'humidité , avec une éponge légèrement mouillée, sur les encres et le crayon afin de voir si elles supporteront d'être légèrement humidifiées. Pour se faire, tremper légèrement l'éponge dans un verre rempli d'eau propre. Essorez la puis tapotez légèrement le document. Regardez comment réagi l'encre : si elle ne se dilue pas ou ne s'efface pas, c'est qu'elle peux supporter l'humidification.

Si le test est concluant et que les encres ne se diluent pas , et pour le coup, le temps et la poussière ont bien incrustée les écritures. vous pouvez donc procéder à l'humidification des parties encollées avec l'éponge légèrement humidifiée. Il ne faut pas mouiller le document mais l'humidifier afin de soulever les parties encollées avec le scalpel et les gratter légèrement afin de les décoller.

Réparer les déchirures
Vous pouvez les renforcer en contre collant du ruban autocollant de conservation préventive. Il ne faut pas découper le ruban aux ciseaux, mais déchirer les bords du ruban pour que la réparation soit très discrète. Décoller le morceau de ruban de son support siliconé et l?appliquer à l'endroit choisi. Appliquez le avec un onglet en appuyant en tournant.

Afin de conserver dans les meilleures conditions possibles les documents papiers et les tirages argentiques, voici quelques conseils, de professionnel patenté :

  • ne jamais mettre les papiers dans des pochettes en plastiques, au mieux dans des feuilles de papiers ; ibid pour les tirages argentiques
  • ne jamais manipuler les photos argentiques à mains nues, toujours avec des gants, car les doigts peuvent laisser des traces sur le papiers, au pire, les manipuler sur les bords
  • vous pouvez nettoyer les vieux papiers pas fragile avec de la poudre de gomme, de même pour les photos

Manipuler pour sauvegarder

Manipuler un objet signifie le toucher, le changer de position ou le déplacer même sur une courte distance. Le meilleur moyen de conserver un objet est de le manipuler le moins possible. Toutefois, lorsqu'un objet doit être déplacé dans l'espace muséal, plusieurs règles s'imposent.

Il faut l'examiner soigneusement pour repérer les parties faibles et solides

Il faut toujours porter des gants de coton pour manipuler le métal, le papier, les textiles, la poterie non vernissée, le marbre et les autres matériaux poreux.

Il ne faut pas se presser. Il ne faut pas prendre l'objet par la poignée ou le manche, son rebord ou une partie en saillie. Il faut le soulever en le prenant par sa partie la plus solide et le saisir en exerçant une pression des doigts aussi faible que possible. Placer une main sous l'objet, ou sous la partie la plus lourde de l'objet, et tenir l'objet avec l'autre main.

Une peinture doit toujours être portée couche picturale vers l'extérieur pour éviter tout risque de frottement, d'enfoncement, d'abrasion, d'arrachement dus aux boutons, bijoux ou petits poils de laine des pulls qui pourraient s'accrocher sur des écailles en formation.

Il faut prévoir son itinéraire à l'avance, s'assurer que les portes sont ouvertes et le chemin sans embûches. Il faut aussi prévoir un endroit où mettre l'objet.

Toute manipulation ou déplacement se fait avec une paire de gants.

la première règle de conservation d'un objet est d'éviter de le bouger et de le manipuler si il n'y en a pas l'utilité.

Dépoussiérer vos objets

La pollution de l'air et la poussière sont des menaces permanentes.
Le nettoyage et l'époussetage des objets nécessitent une formation spécialisée mais peuvent être fait sur les objets des collections privées.

Il faut déjà recouvrir la table où se fera le dépoussiérage, en la recouvrant de molleton polyuréthane pour amortir les chocs et réduire les vibrations.
On la recouvre d'une feuille de papier de soie neuve, car c'est sur ce fond blanc que l'on pourra bien voir les éventuels pertes, fragments de peintures ou d'insectes qui tomberaient lors des manipulations.

Avant toute intervention de dépoussiérage, il est important de bien observer l'état de l'objet ou de la surface de la couche picturale pour un tableau.
Cet examen permet de repérer s'il y a des manques (lacunes), des soulèvements ou toute autre dégradation car une objet dégradé ne se manipule pas, ni ne s'emballe de la même façon qu'une œuvre saine.

Si l'objet est apte à être micro-aspiré, c'est avec une brosse souple et sèche que l'on soulève les poussières qui sont avalées par la force d'aspiration, adaptée à la fragilité de la pièce.
Pour des œuvres fragiles, l'objet est épousseté avec un pinceau de soie pour être avalée par l'aspirateur. Les tissus sont régulièrement dépoussiérés par micro-aspiration.
Vos objets peuvent aussi être dépoussiérés à l'aide d'un pinceau fin, en brossant du haut vers le bas. Certains objets, solides, peuvent être nettoyés de leur poussières avec des chiffons micro-fibres, sans appuyer.

la conservation des métaux

Les conditions de conservation :

•Humidité comprise entre 35 et 55 %
•Les principaux risques sont l'humidité, les matériaux acides et les éléments contenus dans l'air ambiant (oxygène, composants sulfureux).
•Le métal est peu sensible à la température et à la lumière.

Conseils
Filtrer l'air pour limiter la concentration en polluants et l'empoussièrement : la poussière concentre l'humidité sur l'objet et favorise sa corrosion.

Conseils pour la manipulation
Le métal est très sensible à l'humidité et à l'acidité de la peau. Le port de gant est donc indispensable.

Conseils pour le conditionnement
•Utiliser des matériaux de conditionnement et de stockage qui ne dégagent pas d'acide ou de polluants gazeux.
•Les objets métalliques fragiles et sensibles sont à emballer dans du Tyveck ou du papier de soie si les conditions de conservation ne sont
pas adaptées.
•Protéger les objets de la poussière.

la conservation du bois

Les conditions de conservation optimales
Humidité relative : entre 45 et 65 %, l'idéal se situe autour de 55 %.
Température : entre 18 et 20° C.

Luminosité : peu sensible sauf pour les bois peints et vernis.

A partir de 60 % d'humidité relative : risques de gonflement, de déformation, de moisissure.
A partir de 45 % d'humidité relative : risques de cassure, de gauchissement.

La stabilité du climat est importante, mais des fluctuations de plus ou moins 10 % du taux d'humidité relative sont sans danger.

Conseils de manipulation d'un meuble en bois
•Utiliser des gants anti-dérapant ou avoir les mains propres et sèches.
•Ne pas traîner le meuble au sol, le soulever par le cadre ou l'assise.
•Retirer les tiroirs et autres parties amovibles, attacher les portes avec de la ficelle.