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Bienvenue sur Tonnerre et Rosalie : la plus grande collection en ligne de lettres de poilus de la Grande Guerre

Cet espace documentaire n'a d'autres buts que de se souvenir du sacrifice des poilus de 1914 à 1919 à travers leur correspondance
il a aussi pour but d'apporter un fonds de connaissances générales sur la Grande Guerre, en vulgarisant des informations et des savoirs

Pourquoi se souvenir de ces hommes et de ces femmes, cent ans plus tard, alors qu'ils sont tous morts ?
S'en souvenir !
Car 2014 marque le début du centenaire du début de la Grande Guerre.
Car 2018 marque la fin de la guerre en Europe de l'Ouest et la victoire des démocraties sur les Empires
Nous sommes dans le temps de l'Histoire, étudier, comprendre pour ne pas oublier le passé, afin de mieux cerner les enjeux de demain.

En effet, l'étude de l'Histoire est nécessaire pour qu'une société se construise et aille de l'avant.
L'étude de l'Histoire est obligatoire si l'on veut être responsable de son destin et de celui de ses concitoyens.
L'étude de l'Histoire est incontournable si l'on veut être des citoyens et comprendre la société que le passé nous lègue et dont nous aurons la charge de construire l'avenir.

Merci à tous mes camarades qui donnent la main pour que ces pages existent :
Fredo Lainé
Jean Marie "SB40" Gillet
Lolo Brayard
Thierry Vette
Gu.Mi le "garde du corps"

bienvenu sur l'espace Tonnerre et Rosalie

16 avril 1917 - 16 avril 2017 : le centenaire du Chemin des Dames
21 avril 1918 - 21 avril 2018 : mort du Baron Rouge

Message à destination des visiteurs

Vous trouverez en ligne des lettres et des correspondances de poilus.
mais aussi des textes, rédigés dès 2008, pour les 90 ans de la fin de la Première Guerre Mondiale, dans l'Ain, et en 2014 pour le centenaire du début de la Grande Guerre dans les Bouches du Rhône.

Elles n'ont d'autres buts que de parfaire la connaissance historique et mémorielle sur la Grande Guerre, les Poilus et leurs conditions de vie.

Les images ne sont pas téléchargeables.
En effet, ce site, qui n'a d'autres buts que la Mémoire et l'Emulation n'en est pas moins le fruit d'un travail et à ce titre là tombe sous le coup du droit d'auteur.
Les images et les textes mis en lignes sont réutilisables, à condition de préciser le nom du site ; charge à l'érudit qui veut s'en inspirer de prendre le temps de retranscrire le texte ou l'image face à l'écran de son ordinateur, avec une feuille et un crayon : un petit labeur bien méritoire à la vue du travail effectué afin de mettre ce site en ligne.

un lien dans les tranchées : la correspondance

Suite...

De tout temps, le désire de rester en contact avec le pays et les membres de la famille a été un élément majeur dans la psychologie des soldats éloignés de chez eux. Cette correspondance, écrite sur le moment, est éphémère, le temps d'une ou plusieurs lectures et la feuille disparaît. La lettre, pour l'historien, moins ambitieuse que le journal ou les mémoires a le mérite d'être écrite sur le moment.
La Première Guerre Mondiale est la première du genre ou autant d'hommes sachant écrire sont engagés dans un conflit. Dès lors, avec les moments de calme, de répit, la lecture et l'écriture constituent une des occupations du soldat et un moyen d'échapper temporairement à l'univers de la tranchée. Toutefois, le soldat n'a pas le droit d'indiquer sa position d'où une importante correspondance sans nom de lieu, auto-censurée. S'ils ne la critiquent pas ils y dérogent en envoyant des cartes postales des lieux où ils se trouvent : « tu me demandes des nouvelles des pays où je suis. La nous est défendu d'en envoyer, il est venu un ordre du général en chef interdisant l'envoi de toutes cartes illustrées » .
La correspondance des poilus est de deux catégorie : la correspondance orthogonale, à sa famille et à l'arrière et la correspondance transverse à ses frères d'armes, poilus comme lui, beaucoup plus rare et beaucoup plus crue.
Durant la Grande Guerre les préoccupations des Poilus sont les mêmes que les Grognards de Napoléon, dont les courriers sont rarissimes : nouvelles de la maison, nouvelles de la santé de la famille et état matériel personnel. Si entre 1804 et 1814, le Grognard parle souvent du manque d'argent qui grève sa vie, le Poilu, qui n'en manque généralement pas sauf cas exceptionnel , tient un discours plus patriotique et parfois religieux. Par contre, tous donnent l'impression de l'abandon de leur personne au profit des nouvelles des siens : le poilu, comme le grognard, ne s'étend pas sur lui et se renseigne d'abord sur les autres dans des courriers à la famille, policés, où l'univers de la tranchée n'apparaît presque pas. Ils abordent rarement la dureté de leur quotidien, la violence de leur situation mais parlent plus volontiers des bons moments et de leur nourriture. Parfois, certains, surtout les jeunes et les anciens lèvent le crêpe de la pudeur sur la guerre, alors que certains parlent d'amour et de sexe avec leurs femmes et compagnes. Dans tout les cas, ils n'utilisent pas le vocabulaire de la tranchée , du moins très peu et écrivent tous en français, le patois étant réservé à un usage oral .
Même dans le courrier la camaraderie est un univers à part. Ce sont dans les courriers à leurs amis et leurs frères d'arme que les poilus se livrent et parlent sans ambages ni détours de leur réalité quotidienne. Là, hormis la guerre, ce sont les femmes et le manque de femmes, les plaisirs dont la boisson, qui apparaissent. Ce qu'ils passaient pudiquement sous silence à leur famille, ils ne le révèlent qu'aux initiés de la guerre.
De fait les soldats écrivent beaucoup, à leur famille ou sur des carnets : « Quand à moi je t'écris tous les jours une lettre ou une carte » . Le 31 décembre 1914, le BCM traite 2 900 000 lettres et 186 000 paquets. « En avril 1915, ce sont plus de 4 500 000 lettres ordinaires, 320 000 paquets-poste, 70 000 journaux et quelque 11 000 mandats cartes et mandats télégraphiques qui arrivent chaque jour dans la zone des combats…Le 31 décembre 1915, ce sont 5 000 000 millions et près de 600 000 paquets qui sont traités à destination du front » . Les poilus, eux, expédient plus de 5 000 000 de correspondance à l'arrière. Pour l'année 1915, le trafic postal militaire est estimé à 4 000 000 000 de lettres, 75 000 000 de paquets et 250 000 mandats. Dès lors une lettre postée à Bourg, Toulouse ou Paris, met trois jours pour arriver au poilu. De fait, la quête de la carte postale et du moindre bout de papier devient, pour certains poilus, importante, « tu me mettras une enveloppe et du papier dans ta lettre de réponse » , alors que d'autres, comme Suchet, utilise leur fonction pour alimenter le front en ces objets.
Pour les poilus, recevoir du courrier est fondamental dans leur tenue moral et pscychologique : « ta lettre qui m'a bien fait plaisir » , « j'ai reçu tes deux dernier lettres qui m'ont bien fait plaisir » , « si tu savais comme ta lettre du 29 ma rendu heureux » , « écris moi le plus souvent possible il y a que tes lettres pour me donner du courage » . La lettre n'est pas un document a usage unique. Pour le poilu, elle est un objet mainte fois ouverte, lue, relue et analysée : « j'espère que vos lettres viendront me trouver dans les tranchées, me faisant paraître moi longue les heures de garde qui vont commencer » .
A contrario, le manque de nouvelles de chez eux est un moyen de stress énorme sur des hommes déjà entourés par l'angoisse : « j'attend toujours des nouvelles de papa, voilà 45 jours qu'il ne ma pas ecrit et Margueritte non plus » . Le constat de cette absence leur est terrible : « je m aperçois que vous ne m'ecriver pas souvent » .
Pour rassurer leur famille sur leur bonne forme, « je sais bien que tu est en souci de moi et qu'un mot te rassure » , les poilus envoient fréquemment des photos d'eux : « Je t'ai envoyer il y a quelques jours ma photographie une ou nous sommes une bande de copains » .
Parmi les correspondances les plus attendus de l'arrière se trouvent les colis. Ces derniers sont, d'une autre manière que les lettre, attendus avec impatience à cause de leur contenu : « votre colis, toutes vos bonnes délicatesses m'ont fait plaisir…le petit chapelet est ravissant, très pratique » . Si certains y trouvent un chapelet, la majeure partie du temps les colis renferment des subsistances et de l'alcool : « un colis est venu me trouver, la viande sent mauvais, le reste est bien bon et j'ai déjà goûter le saucisson et le bon chocolat fondant…toute votre affection se cache au fond des chaussettes où un paquet de cigarettes a été glissé » . Ces colis sont la plupart du temps très largement remplis : « la femme de Morel lui a envoyé…une dinde, un canard, cotelettes salées, fromage fort, raisins, oranges, pommes, tabac etc etc de quoi charger un cheval » et leur usage n'est pas individuel : le soldat s'empresse de partager avec ceux qui n'ont rien , car là encore la camaraderie prime.

Jérôme Croyet
docteur en histoire
président de la SEHRI

Bonne visite !

Bibliographie

ABBIATECI (André) : Des champs de blé au champ d'honneur soldats et civils de l'Ain dans la Grande Guerre. Amis des Archives de l'Ain, 2001.
AMIS DU MUSEE DE SALON & DE LA CRAU : Chronique de guerre de Mathieu Aymard (1915 - 1919).
Anonyme : Historique du 23e régiment d'infanterie au cours de la guerre de 1914 - 1918.
BRUNON (Jean) : Douaumont, 1966.
Collectif : Entendre la guerre, sons, musiques et silence en 14-18. Gallimard, 2014.
Collectif : 14-18 : mourir pour la Patrie, Editions du Seuil, 1992.
Collectif : Les fronts invisibles, nourrir, fournir, soigner. Presses universitaires de Nancy, 1984.
Collectif : Front d'Orient, 1914 - 1919, les soldats oubliés. Editions Gaussen, Marseille, 2016.
CROYET (Jérôme) : "La Grande Guerre des Poilus de l'Ain au quotidien" in Nouvelles Annales de l'Ain, 2011.
DICALE (Bertrand) : La fleur au fusil 14-18 en chansons. Acropole, 2014.
GROUPEMENT DES ANCIENS DU 223e RI : Journal de route du 223e RI. 1937.
HUSS (Marie Monique) : Histoires de famille 1914/1918. Editions Noesis.
JOUINEAU (André) : l'armée française de 1915 à la victoire de 1918. Histoire & collections, 2014.
JOUINEAU (André) : l'armée française d'août à décembre 1914. Histoire & Collections, 2014.
LE NAOUR (Jean Yves) : Marseille 1914 - 1918. Editions Gaussen, 2014.
LE NAOUR (Jean-Yves) : 1914 la grande illusion, Perrin, Tempus, Paris, 2016
MIQUEL (Pierre) : Les oubliés de la Somme, juillet-novembre 1916. Editions Tallandier, 2001.

Mémoires de Poilus

ARENE (Julien) : les carnets d'un soldat en Haute-Alsace et dans les Vosges. Paris, Crès éditeur, 1917.
ARENE (Julien) : En Macédoine. Paris, Crès éditeur, 1916.
BARTHAS (Louis) : les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914 - 1918. La Découverte/Poche, Paris, 1997.
BRIZZARD (Docteur) : 17 mois en campagne au 55e RIT. Paris, 1920.
BUSSI-TAILLEFER (aide major au 23e RI) : Les campagnes de Mulhouse et les combats dans les Vosges 7 août - 14 septembre 1914. Imprimerie Nicolas, Niort, 1965.
Collectif : Paroles de poilus, lettres de la Grande Guerre. Historia, 1998.
COMBIER (Marc) MEAUX (Nicolas) : Regard de soldat, la Grande Guerre vue par l'artilleur Jean Combier. Editions France Loisirs, 2006.
GUENO (Jean Pierre) : Paroles de Verdun. Editions Perrin, 2006.
MAUFRAIS (Louis) : J'étais médecin dans les tranchées 1914 - 1919. Pocket, Paris, 2008.
PERRIN (Léon) : Avec la piétaille 1914 - 1918, mémoires d'un poilu bressan. 1982.